Préfabuleux
Des palaces pour le peuple
 
 
 
Edmund O’Mahony a 82 ans et est toujours un adepte des tea-dances, où il va plusieurs fois par semaine. Edmund est veuf mais il a une amie, qui est aussi sa partenaire de danse. Aujourd’hui, c’est mercredi, le jour où ils ne se voient pas. Chacun reste chez soi. Edmund est le tout premier habitant de l’Estate. Il a emménagé le 2 juin 1946. Il a tout de suite adoré vivre dans un préfabriqué. Il y avait tout un confort qui n’existait pas dans la plupart des autres logements l’époque : deux chambres, une salle de bains, des toilettes, de l’eau chaude, une cheminée qui grâce à un système de conduits chauffait toutes les pièces. A l’époque, c’était du luxe et de réels petits palaces. Un jour, des journalistes sont venus interviewer Edmund, ils ont gardé au montage cette citation du vieil homme : « Je n’échangerai pas mon préfabriqué pour Buckingham Palace, même avec la reine en prime » !
   
Richard a 58 ans, il a toujours vécu au n°31 Dolphin Road. Il y a une dizaine d’années, il a acheté son préfabriqué. Bien qu’il soit propriétaire et que le Council ne puisse rien contre lui, Richard est un ardent défenseur de la cause des préfabriqués. Il soutient activement la campagne de lutte contre leur démolition. Richard est bavard, il parle beaucoup de son père, originaire de La Barbade, marin au long cours, débarqué par hasard en Angleterre pour cause de crise d’appendicite aiguë. Pays où finalement il s’est installé. « Il avait toujours plein d’histoires extraordinaires à raconter. La famille, les amis passaient des heures à l’écouter ici dans cette pièce. » L’intérieur de Richard est un peu celui d’un vieux garçon et, qui plus est, collectionneur. Dans sa chambre, les mûrs sont couverts d’étagères sur lesquelles sont rangées des centaines de petites voitures, alignées méticuleusement les lunes derrière les autres. Dans la cuisine, des mugs (grandes tasses) de tous les endroits du monde tapissent elles aussi les mûrs. « Ce que j’aime le plus dans un préfabriqué, c’est le bruit de la pluie sur le toit. C’est comme si on était en vacances, dans une caravane. »
 
 
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