Être haïtien

Les paysans de la plaine du Cul-de-sac en emportant leurs morts au cimetière dansent souvent et, balançant rythmiquement le cadavre, ils chantent :

...M’dis crié pas levé la mort !...
Si crier té lever la mort,
Hounsi-canzos yo ta mouri-lever !...

Pleurer ne réveille pas les morts, si pleurer pouvait réveiller de la mort, nous tous, et elles, ces jeunes vierges initiées, sans cesse, nous allongerions pour nous dresser... Oui, El Caucho, il y a quelque chose que tu dois apprendre de ces paysans illettrés, c’est l’humanisme, la culture. L’humanisme, la culture, tu n’en trouveras qu’un aspect dans les poèmes de Ruben Dario, dans les essais de José Marti, dans Marx, dans Tom Payne, dans Toussaint Louverture, (…. ). Les génies ne font pas l’humanité ou la culture, El Caucho, ils la dégagent de la création collective, génialement ils la subliment de la vie vécue du peuple, seul véritable maître à penser et à aimer.

Alexis, Jacques Stephen, L'Espace d'un cillement, 1959, Gallimard, , 1959 p.130

Caroline Pottier
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Caroline Pottier est membre du bar Floréal depuis janvier 2003

"À la veille du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, je voulais présenter mes images non pas sous une forme journalistique mais comme un hommage au peuple haïtien…"

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