Dans le grand ballet des défilés de mode,
le spectacle nest pas forcément là, où lon
pourrait lattendre sur lavant scène.
Les vingt petites minutes offertes dans un écrin au monde entier
nécessitent des mois et des mois de préparation, qui se
ponctue en coulisse, dans une ultime harmonisation délans
créatifs. Ainsi, les coiffeurs-sculpteurs ou les peintres-maquilleurs
sexpriment par gestes précis aux ornements chorégraphiés.
Plus tard, les habilleurs vont avec une délicatesse nerveuse,
parer les modèles, offrant une vie éphémère
aux vêtements, que les stylistes réajusteront, en touches
timides et obsessionnelles, à même le corps du mannequin
; les premières filles effectuent déjà leurs traversées
de podium.
La répétition de cette partition de défilés
en défilés, durant toute la durée des collections,
pourrait nous laisser penser que tout a déjà été
montré et vu, dit et entendu, sur cet envers du décor.
Cest pourtant au travers de gestes et postures qui nous trahissent
que tout reste encore à découvrir lenvers
des corps.
Ces images réalisées en lumière ambiante et au
cur de l'action offrent un contraste saisissant entre la frénésie
débridée évoquant les minutes comptées et
décomptées, et les instants ou les acteurs, figés
tels des personnages de cire, paraissent s'élever au-dessus de
la superficialité du milieu. C'est privilégier le geste
quand il nous parle ou le statufier quand le mouvement devient inutile
pour ne pas se situer dans l'absence du message d'un entre-deux. Souligner
la lumière dans l'ombre et l'ombre dans la lumière nous
permet de voir le vêtement autrement que dans son évidence.